Musique
Les neuf moines français qui fondèrent Keur Moussa en 1963 héritaient de la tradition du Chant Grégorien, particulièrement vénéré et pratiqué à Solesmes, l'Abbaye fondatrice.

Keur Moussa resta fidèle à cet héritage, tout en s'ouvrant aux orientations données par le Concile Vatican II en cette année 1963, en matière de musique liturgique dans les pays de mission: " on accordera aux traditions musicales locales l'estime qui leur est due et la place convenable ". (Const. Lit. N� 119).

Deux expériences permirent au maître de choeur de Keur Moussa dès 1964 d'orienter les recherches et les travaux.

La kora mandingue

Sur les ondes de la radio sénégalaise, on entendait les sons très harmonieux d'un instrument à cordes appelé kora, alors fort peu répandu, puisque détenu par la seule ethnie des mandingues. Les moines se , procurèrent cette harpe de 21 cordes, tendues par des anneaux de cuir sur une hampe en bois de vène, traversant une calebasse semi-circulaire, revêtue d'une peau de vache. Un chevalet placé sur cette peau sépare les cordes en deux rangées de 10 et 11 cordes. Celles-ci sont pincées ou frottées par les index et les pouces des deux mains du joueur, qui saisit la kora par ses autres doigts à l'aide de deux antennes glissées sous la peau, de part et d'autre du chevalet.

Deux joueurs traditionnels, comparables aux troubadours du Moyen Age, firent retentir le cloître des airs transmis de père à fils dans la caste des "jëli", musiciens, historiens et conseillers des empereurs mandingues. Une curieuse ressemblance modale avec la musique du Haut Moyen Age et du grégorien fut perçue par le maître de choeur qui se mit à chanter un ton de psaume grégorien, tandis que les " jëli" l'accompagnaient de leur mélopée. Cette expérience exceptionnelle, dont l'enregistrement est conservé jusqu'à ce jour, est à l'origine de l'adoption de la kora mandingue pour l'accompagnement de la prière chantée à Keur Moussa.

Des disques, cassette et une vidéo sont disponibles au catalogue.